Franck Raimondo, une diagonale de fou !

Il existe parmi nous un champion trop méconnu ! Franck Raimondo (papa de Léon qui évolue en U9) vient de réaliser un exploit hors du commun. Ce féru de course à pied vient de terminer à une incroyable 373ème place à la « diagonale des fous » qui vient de se disputer à La Réunion.
Le départ de cette course mythique de 165kms avec plus de 10 000 mètres de dénivelé positif et négatif a été donné le jeudi 20 octobre à 21h. Il n’était pas 14h30 le samedi que notre Francky passait la ligne d’arrivée au stade de La Redoute à Saint Denis de La Réunion. Une performance incroyable pour une première participation. Plus de 3 500 concurrents ont pris le départ, 900 d’entre eux n’ont pu passer la ligne d’arrivée de cette course d’une dureté sans nom. Mais Franck l’a fait ! Son épouse Aline, ses enfants Léon et Louisa l’ont suivi et assuré l’assistance.

Courir, c’est inné chez toi ? Ca t’as pris quand ?
Inné je ne sais pas, lol, je sais juste que j’ai toujours aimé me déplacer en courant quand j’étais petit, à l’époque pas besoin d’avoir un vélo.

Quelle a été ta 1ère course ?
Ma première course n’était pas un trail car je ne connaissais pas encore mais un raid aventure en 2007 (trail, vtt, kayak avec de l’orientation) au lac kir en binôme avec mon beau-frère. Cela a été ma vraie première expérience en sport outdoor et j’ai beaucoup aimé.

Tu viens de disputer la diagonale des fous. Comment t’es venue cette envie ?
Cela fait plusieurs années que je participe à des ultra trail, j’adore faire des traversées complètes, comme le Jura en 2020 (180 km), la chaîne des volcans d’Auvergne cette année (224 km). Puis en fin d’année dernière, nos meilleurs amis sont partis vivre à la Réunion. Nous sommes allés les voir en février et c’est à ce moment là qu’a germé l’idée de participer à cette course tellement mythique et difficile. Je me suis donc inscrit et par chance j’ai été tiré au sort avec mon ami.

Comment se prépare t-on pour une telle épreuve ? as tu fait appel à un coach ou préparateur mental ?
Mon année a été bien chargée en volume, je fais environ 50h/ mois en croisant la course à pied et le vélo afin de préserver mes articulations. Pour faire ce volume j’utilise souvent le trajet domicile/travail pour effectuer mes séances. Du coup ça m’arrive de faire 3 séances dans la journée. En plus du volume il faut préparer son corps à accumuler du dénivelé positif et négatif. Pour cela j’effectue souvent des allers-retours en côte. L’usage des bâtons étant interdit, j’ai aussi travaillé ma puissance musculaire avec le vélo en roulant avec de gros braquets. Pour ma préparation physique je n’ai pas de coach car en tant que chef d’entreprise, j’ai besoin d’adaptabilité, je ne veux pas m’enfermer dans un plan, cela me permet d’être à l’écoute de mon corps et de m’entraîner à l’envie. La préparation mentale j’essaie de la travailler toute l’année, quand les conditions climatiques sont mauvaises j’essaie d’y aller pour me renforcer. Enfin à l’approche des échéances je lis des livres ou écoute des poadcasts d’aventuriers qui m’inspirent.

As tu suivi un régime alimentaire particulier ?
Non pas de régime particulier, j’essaie de manger équilibré toute l’année même si je suis un gourmand, je ne change pas mon alimentation pour la course car je ne veux pas que cela soit une contrainte, il faut que cela reste un plaisir. 2 semaines avant l’échéance j’avais envie de pizzas et de bonbons et bien j’ai écouté mon corps 🤣

Avais tu un rythme d’entraînement hebdomadaire régulier ?
Je m’entraîne 6 jours sur 7 toute l’année sauf avant l’échéance de l’épreuve et après pour la récupération. Même si je n’avais pas d’objectif en vue, je m’entraînerais quand même, cela fait partie de moi, de ma vie, j’en ai besoin.

Comment as tu allié entraînement et travail ?
Comme je le disais précédemment, je me sers des trajets domicile/bureau pour effectuer mes séances, donc cela n’empiète pas sur mon travail. D’ailleurs j’ai remarqué être beaucoup plus performant au travail après une séance

De quoi est constitué ton paquetage ? Quel poids fait-il ?
Ce n’est pas une course en autonomie, il y a des ravitaillements sur toute la course, nous avons aussi la possibilité de laisser des sacs de délestage à 3 endroits si on le souhaite pour mettre des chaussures et vêtements de rechange, de l’alimentation, etc…. Pour le sac que je porte pendant la course, étant quelqu’un d’un peu trop prévoyant, je me charge bien trop, c’est d’ailleurs un facteur de performance chez les coureurs élite qui sont au gramme près. Dans le sac, nous avons le matériel obligatoire (couverture de survie, sifflet, 2 strap de 2×2,50, un coupe vent, une sous couche, une lampe frontale avec batterie de rechange, de l’alimentation et 1,5l d’eau minimum) sans oublier tout ce que l’on rajoute en plus (bonnet, gant, pansement pour les ampoules, crème anti-frottement, lampe frontale de secours, etc…) Les sacs une fois chargés font entre 5 et 7 kg.

Pendant la course, arrives tu à t’évader mentalement ?
Oui bien sûr, des fois dans la course on est comme dans un état méditatif, c’est d’ailleurs ce qui me plaît dans cette discipline.

Avais tu emmené un porte bonheur ou gri-gri ?
Non pas de porte bonheur ou de gri-gri, mes portes bonheurs c’était ma femme et mes enfants, ils m’ont assistés de la plus belle des manières. C’est grâce à eux tout ça.

As tu eu des moments ou tu t’es dit « mais qu’est ce que je fais là ??? »
Bien sûr et souvent même, je me dis à ce moment là que c’est exactement ce que je suis venu chercher et vivre car si tu n’es jamais allé au bout de toi-même, tu ne sauras jamais où se situe tes limites Ce que je suis en train de vivre, ce que je suis en train de ressentir n’as pas de prix. Cela ne s’achète pas, quelle que soit la fortune que l’on possède.

Comment les as tu géré ?
En me disant que ce n’est qu’un mauvais passage et qu’il faut continuer à avancer comme disent les réunionnais « Ti pas – Ti pas », car après la nuit revient toujours la lumière.

As tu eu peur de ne pas y arriver ?
J’ai toujours peur de ne pas y arriver car sur ce type de format, tout peux arriver. Même si j’étais prêt à aller au combat face à moi même, je m’étais préparé psychologiquement à un échec afin qu’il ait le moins possible d’impact sur moi.

Qu’as tu ressenti en franchissant la ligne ?
Beaucoup d’émotions mais aussi de l’accomplissement, du soulagement et de l’estime de soi. Rendre possible ce qui était pour toi auparavant impossible te donne une foi et une confiance en toi, cela te métamorphose. Cela fait évoluer l’homme que je suis.

Quelle est ta devise ?
« Rien n’est jamais vraiment terminé jusqu’à ce que tout soit réellement terminé »

Quels conseils donnerais tu à des jeunes qui veulent se lancer ce défi ?
Tout d’abord je pense qu’il faut de la patience et de la progressivité, ne pas brûler les étapes, il faut forger son corps à la longue distance, le corps vas se renforcer au fur et à mesure, il ne faut donc pas brûler les étapes et y aller progressivement en augmentant les distances. Moi cela m’as pris 10 ans! Ensuite il faut de l’envie et du plaisir car il faut savoir se préserver dans la durée tant physiquement que mentalement, le plaisir et l’envie doivent être la clé de la progression, ne pas faire les choses par contrainte car ça ne dureras pas.

Et maintenant….
Maintenant je récupère lol, je profite de cet accomplissement, bien sûr je me projette pour l’après. Je suis inscrit pour le dernier homme debout en janvier à Château-Chinon (1 boucle de 7,5km à répéter toutes les heures pendant 24 heures), puis j’aimerais faire d’autres traversées comme les Vosges, peux être une nouvelle diagonale qui sait !

2 commentaires sur “Franck Raimondo, une diagonale de fou !

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  1. Bravo! Une sacrée performance!! Tu as du en prendre plein les yeux, même si je me demande si on a bien le temps d’admirer le paysage. Léon doit être fier de son papa, même si il l’était déjà avant (il m’avait dit pour cette participation). Encore bravo!

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